Glendon - français

Volume 7 - Numéro 1 - Printemps 2011

Issue link: http://digital.yorku.ca/i/26053

Contents of this Issue

Navigation

Page 18 of 29

DE NOUVELLES UNIVERSITÉS EN ONTARIO ? Faut-il créer de nouvelles universités ontariennes vouées à l’ensei gnement du 1er cycle seulement ? Oui, répondent très fer - me ment quatre acteurs respectés de l’enseignement supérieur ontarien dans un ouvrage intitulé Academic Transforma tion : The Forces Reshaping Higher Education in Ontario (Clark, Moran, Skolnik et Trick), publié à la fin de 2009. Les auteurs, dont David Trick qui pré side l’Association des diplômés du Collège Glendon, mettent en lumière divers constats inquiétants sur la situation présente et future de l’enseignement supérieur en Ontario. Pour eux, le système postsecondaire ontarien n’a pas évolué de manière significative depuis sa mise en place dans les années 1960. Il avait alors été convenu que les collèges de l’Ontario ne décerneraient pas de diplômes de baccalauréat, et que les uni - ver sités jouiraient d’une autono mie complète pour définir leur man dat et leurs objectifs. On ne soupçonnait pas alors les chan - ge ments majeurs qui allaient se produire Quels sont ces changements? D’abord, l’Ontario connaît un taux de participation à l’enseignement postsecondaire approchant 50 % de la population éligible, le tout accompagné d’une pres - sion de plus en plus soutenue pour favoriser l’accès eux études post secondaires à des groupes défavorisés à cet égard. Puis, il y a une volonté de plus en plus forte d’accroître la qualité de l’en - sei gnement au premier cycle. Enfin, les gouvernements re con - nais sent l’enseignement supérieur et la recherche universi taire – financés par les deniers publics – « comme un des plus impor - tants facteurs pour assurer au pays et aux provinces les talents et l’innovation nécessaires pour participer avec succès à une éco - nomie mondiale de plus en plus compétitive » (Clark et al, p. 17. Traduction de l’auteur) D’IMPORTANTES CONSÉQUENCES En ce qui concerne la participation, l’Ontario est passée d’un système universitaire réservé à l’élite à un système quasi uni ver - sel. Entre 1973 et aujourd’hui, les effectifs moyens des collèges ontariens sont passés de 3 000 à 8 000 étudiants, et les effectifs moyens des universités de 10 000 à 20 000 étudiants. Ce sont des moyennes : l’Université de Toronto à elle seule compte plus de 60 000 étudiants. Déjà frappées par les effets de la double cohorte depuis 2003, les universités ontariennes doivent main - te nant faire face à une forte croissance de la demande de leurs services, qui durera encore une décennie. En particulier, si nous voulons que les membres des groupes défavo risés réussissent sur le plan scolaire, les universités devront leur accorder plus d’atten tion et de ressources que par le passé. DE NOUVELLES UNIVERSITÉS EN ONTARIO ? auteur : Michel Héroux Les gouvernements ont lourdement investi dans les infra struc - tures de recherche de toutes les uni versités, plus particulière - ment en santé, en sciences et en génie. En outre, ils ont de - mandé aux uni ver sités d’élaborer des plans stratégiques dans le domaine de la recherche. Au fil des ans, toutes les universités ontariennes se sont donné à peu près la même mission concer - nant l’ensei gnement et la recherche. Ces pressions contradictoires pour accroître le nombre d'étu - diants et obtenir plus de subventions de recherche ont trans - formé les tâches du personnel professoral à temps plein. Chez celui-ci, les charges d'enseignement au premier cycle ont dimi - nué en raison de leur engagement accru en recherche tandis que la taille moyenne des classes de premier cycle a augmenté. La proportion des cours de premier cycle donnés par les ensei - gnants temporaires et à temps partiel (ou chargés de cours) serait maintenant d'environ 50 % dans les plus grandes facultés de certaines universités, ce qui contredit l’objectif de qualité de l’enseignement au premier cycle. L’emploi d’un nombre croissant d'enseignants à temps partiel ou de chargés de cours, qui ne font pas de recherche par manque de ressources, va à l'encontre d'un des principes chers aux universités ontariennes, à savoir que les cours des trois années de baccalauréat devraient être donnés par des professeurs-chercheurs. Dans la pratique, il est devenu finan - cièrement impossible pour les universités de faire donner tous les cours de premier cycle par des professeurs-chercheurs. Face à l’augmentation des inscriptions et au défi consistant à offrir un enseignement de premier cycle de qualité à une popu - lation étudiante aux besoins de plus en plus diversifiés, l'Ontario ne compte présentement que sur un réseau universitaire homo - gène axé sur la recherche, formé d’établissements postse con dai - res parmi les plus coûteux à gérer. Le modèle universitaire actuel n'est pas assez diversifié pour tenir compte des différents acquis, situations, aspirations et styles d'apprentissage des étu diants. Enfin, au sortir d’une récession dont les effets sur les finances publiques se feront sentir encore pour nombre d’an nées, ce serait jouer à l’autruche de croire que le réseau actuel ontarien saura répondre aux attentes du public et du gouverne ment sans connaître de sérieux changements. La Revue de Glendon 2011 ] 17 [ Glendon Magazine 2011

Articles in this issue

Archives of this issue

view archives of Glendon - français - Volume 7 - Numéro 1 - Printemps 2011